La goutte d’eau, le vase, les fleurs fanées et le pot en pleine tronche

19 août 2008 at 10:59 7 commentaires

Il s’en est fallu de peu pour que je continue ma vie blog-free, qui était jusque là assez monotone (température estivale de merde oblige) mais qui était, du moins, je le répète : BLOG-FREE. «J’en veux pas, de maudit blogue!», que je me répétais sans cesse, espérant que je finisse par y croire (une technique très efficace lorsque bien utilisée sur laquelle je reviendrai indubitablement plus tard).

Le problème, c’est que depuis toujours (preuves littéraires infantiles à l’appui), j’ai le damné réflexe, lorsque je ressens la moindre émotion, d’écrire afin de l’évacuer (ce qui a eu pour résultat, évidemment, que je ne semble jamais ressentir la moindre émotion en public et que j’ai donc acquis une espèce d’aura robotique étrange). Bon. J’en suis consciente, c’est pas une raison pour se faire un blogue. J’aurais aussi pu apprendre à être une fille normale. Pleurer dans les situations tristes. Toujours avoir de la compassion pour autrui. Aimer The Notebook (pire film de l’histoire). Soit.

CEPENDANT, un événement déplorable est survenu, événement qui, je dois le dire, s’est avéré être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de mes tentations vers le blogging. (N.B. Ce vase ne contient pas de fleurs, et s’il en contenait, ça serait probablement de vieille fleurs fanées avec un peu de moisissure que j’aurais gardées en souvenir de les avoir reçues… Je conserve donc patiemment le vase au cas où j’en recevrais un jour.. un jour autre que celui de mon enterrement). 

***

C’est l’histoire de l’amie de mon amie qui a une première date avec un mec qu’elle a vu une fois. On va l’appeler Rogère pour préserver son intimité, et mon amie à moi, on va l’appeler Marie-Hélène, parce que c’est plus drôle de ne pas préserver son intimité. 

Il était une fois, donc, Rogère. Rogère a flashé sur « Gilles », après être allée voir un concert avec Marie-Hélène et quelques unes de ses connaissances. Quelques jours plus tard, voyant qu’elle ne pouvait se le sortir de la tête, Rogère a demandé à Marie-Hélène de lui fixer un rancart avec Gilles, chose qu’elle accepta volontiers, car elle est une personne extra. 

Marie-Hélène demanda donc à un ami commun le contact de Gilles. L’ami commun, bien sûr, a donc contacté Gilles, à savoir s’il avait le droit de divulguer ces informations précieuses à Rogère. Bien que Gilles ne se souvenait plus vraiment de Rogère, il accepta, probablement avide de sensations fortes. 

Le lendemain, Marie-Hélène donnait à Rogère le numéro de téléphone de Gilles. Rogère, satisfaite, s’exclama donc une phrase qui allait éventuellement avoir un impact si grandiose, que j’ai ressenti le besoin de partir un blogue: «Yé! Je l’appelle à l’instant!». 

Woooopopopopop! 

L’appeler à l’instant?!

Et selon les dires de Marie-Hélène (crédibles car pour une fois, elle était à jeûn), qui s’empressa de lui expliquer qu’elle devrait plutôt attendre un peu, étant donné qu’il venait tout juste de lui transmettre son numéro, Rogère ne semblait même pas comprendre c’était-quoi-le-rapport-de-cette-suggestion-de-malade-là. 

What is wrong with you people. Appeler un gars cinq minutes après qu’il t’aies donné son numéro de téléphone, c’est comme l’appeler à 4h du matin avec un transformateur de voix et lui demander sans arrêt c’est quoi son film d’horreur préféré. 

Je reviendrai éventuellement sur le comportement décent à adopter dans ce genre de situation, mais calvaire les filles; il y a toujours ben des limites. Asteure, je suis pognée pour écrire un blog: j’aime autant faire ça qu’avoir à me répéter à tout le monde séparément. Jeez. 

***

Dans un tout autre ordre d’idées, je me demandais, en cherchant le titre de ce post, si ça existait, une expression qui ressemblait à «recevoir le pot de fleurs par la tête». Je continue à penser que oui. Par contre, en effectuant une recherche peu exhaustive grâce à l’outil exhaustif par excellence, Google, j’ai découvert ce merveilleux site, dans lequel, vraisemblablement, toutes les expressions avec le mot «pot» sont listées. Je vous le laisse en cadeau. Des petits bijoux qu’il y a là-dedans (ou pas, c’est peut-être la fatigue). 

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Whatever Happened To…

7 commentaires Add your own

  • 1. MADBARNIC  |  19 août 2008 à 11:25

    Effectivement, le comportement de Rogère laisse supposer plusieurs troubles affectifs (désolée Rogère!) qui semblent néanmoins assez répandus en général….. chez les femmes. DAMN!!!! Je voulais pas dire ça…. LES FEMMES. Comme si toutes les femmes étaient pareilles. La
    féministe en moi est pas sûre de vouloir s’avancer sur ce terrain mais je dois pourtant admettre avec franchise que putain, c’est vrai qu’on n’a pas d’allure des fois…. mais y’a-t-il vraiment des règles qui régissent le jeu de la séduction? Pas si sûre…. Et peut-être que l’intérêt du jeu vient justement de ces moments de folie ou tout semble possible…

    Mais au fait, en quoi The Notebook était mauvais?!?

    Réponse
  • 2. Marie-Hélène  |  21 août 2008 à 11:37

    Moi pis ma grande gueule.

    Réponse
  • 3. Marie-Hélène  |  21 août 2008 à 11:48

    Je pense à ça, Madbarnic… Eh, t’es qui toi Madbarnic? What the fuck is wrong with your name? J’essaie désespérément de trouver quelqu’un dans mon entourage qui pourrait avoir des « lunettes folles » mais je trouve personne. À part mon père. Non mais sans blague, je ne serai pas capable de m’adresser à toi sous ce pseudonyme. On va t’appeler Richard. Non, t’as clairement spécifié que tu es une femme. Comme Rogère est déjà pris (c’était mon premier choix), on va t’appeler Benoite.

    Pour revenir à ton commentaire, Benoite, je ne pense pas qu’il y ait de règles régissant le jeu de la séduction. Il n’y a que le satanées savoir-vivre que, vraisemblablement, pas grand monde connaît.

    Par exemple, quand ton amie Caroline te présente sa collègue de travail Johanne et que Johanne, par un pur hasard, est super sympathique et pratique, comme toi, la broderie, tu vas pas te mettre à l’appeler à tous les jours en la harcelant pour savoir quand est-ce que vous allez faire de la broderie ensemble. ÇA NE SE FAIT TOUT SIMPLEMENT PAS. Tu vas tout simplement lui dire, tranquille: « Eh Johanne, quand ça te dis, on va broder ensemble! ». Johanne ne ressentira pas trop de pression et acceptera certainement l’offre tôt ou tard.

    C’EST EXACTEMENT LA MÊME CHOSE AVEC LES RELATIONS HOMMES-FEMMES. En aucun cas c’est compliqué. C’est juste du gros bon sens. Être hystérique, ce n’est jamais payant et avoir l’air de l’être, c’est encore pire. Que Rogère mette en action ses plans fous-fous qu’elle construit dans ces « moments de folie », j’ai TELLEMENT aucun problème avec ça. Mais qu’elle soit obligée de se prendre de l’Ativan (http://en.wikipedia.org/wiki/Lorazepam) avant sa première date, là je lui dis: « prends sur toi, viarge d’hystérique ».

    C’est si simple finalement.

    Réponse
  • 4. The Guy Whisperer  |  21 août 2008 à 9:54

    Un catfight comme premiers commentaires, c’est excellent! Maintenant, mettez-vous toutes nues dans la boue.. je vais filmer et vendre ça sur eBay.

    Réponse
  • 5. The Guy Whisperer  |  21 août 2008 à 10:05

    Ma réponse:
    https://guywhisperer.wordpress.com/2008/08/21/catfight-club/

    Réponse
  • 6. Madbarnic (persiste et signe)  |  24 août 2008 à 11:56

    Réponse à Marie-Hélène,

    Désolée mais je ne vois pas exactement le lien entre la broderie entre amies et la conquête de l’amour. Si c’est de cette manière que les gens abordent les choses, pas étonnant que les relations homme-femme soient si fuckées!

    En outre, je constate que ta conception de la séduction semble assez drastiquement teintée de noir OU de blanc: Soit tu te la joues Baba cool, soit t’es une viarge d’hystérique. Wow! Entre les deux je ne suis pas certaine d’avoir envi de choisir…. N’as-tu donc jamais pensé qu’entre les deux, il y avait possiblement toute une gamme d’approches à explorer? Moi je suis plutôt en faveur de ce « no rules land » et au risque de décevoir les insécures qui cherchent des balises, ne pas suivre les « règles » ou les « de quoi j’ai l’air » m’a menée vers un homme extraordinaire avec qui je suis depuis bientôt 2 ans.

    Réponse
  • 7. Marie-Hélène  |  26 août 2008 à 2:57

    Bon point Madbar,

    Le hic, c’est que tu possèdes vraisemblablement quelques compétences en cette matière. De là la réussite de ton couple. Et le fait que tout ça se soit fait funky style. Et si tu peux te permettre de te la jouer aussi pénard, pour Rogère, il n’y a rien de moins certain.

    Tout ça est une question d’instinct. Il y a des gens qui vont fonctionner toute leur vie avec leur instinct et vont toucher la cible à chaque fois. Mais pour ceux dont l’instinct est déficient (et qui, s’ils étaient un raton laveur dans la nature, l’aurait écouté lorsqu’il dit: « ce char là s’en vient sur toi, fige! ») ça prend une espèce de ligne de conduite. Sinon, ils se font systématiquement écraser dans le parc des Laurentides devant le beau hummer tout brillant (The Guy Whisperer fait de meilleures analogies que moi, mais c’est pas ma faute, j’ai du travail et donc peu de temps).

    En fait, j’aime bien suivre mon instinct moi aussi. Mais quand il me dit: « t’as envie d’appeler le gars à 4h30 du matin pour lui dire: JE SAIS QUE TU ES AVEC UNE AUTRE FILLE », je n’ai pas d’autre choix que de l’étouffer avec ma raison. Et je n’ai jamais regretté, parce que moi aussi je suis avec un homme extraordinaire depuis bientôt 2 ans.

    Je tente donc une nouvelle analogie. C’est comme la différence entre une adolescente à la peau de pêche (The Guy Whisperer à 15 ans) et une adolescente boutonneuse (moi à 15 ans). Tsé, la pêche peut se permettre de partir dans la nature avec pour seule arme ses atours. Mais pour Pimple-Girl, pas le choix, ça lui prend du make-up sinon elle brûle tout de suite ses chances qu’un gentil garçon avec des broches ne voit autre chose que son pus. C’est comme Rogère, elle n’a pas le choix de se mettre du make-up (par analogie, un mode d’emploi). Si le petit Jésus l’avait doté d’un instinct béton, on ne serait même pas en train d’en parler.

    Réponse

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