La malédiction (”the curse”) – Partie Deux (2008)

24 juillet 2009 at 10:20 5 commentaires

Non, non! Vous ne rêvez pas. Vous vous apprêtez bel et bien à lire la suite de CECI. J’étais certaine de l’avoir déjà écrite, mais j’ai réalisé tout récemment que je ne l’avais jamais fait. Alors, installez-vous confortablement, parce que je crois c’est pire que la première partie.

2008.

C’est l’histoire d’un groupe d’amis, un gros groupe d’amis, qui va manger à l’Académie avant de sortir à l’Ozone-Laurier (le bar du mal!!). Tout le monde a une bouteille de vin, certains en ont plus qu’une. Lorsque le serveur intervient, T. demande à celui-ci de toutes les ouvrir. Résultat: (détail important) à la fin du repas, sur la table, il y a une bouteille de mousseux d’ouverte, mais que plus personne n’a envie de boire (et il se fait tard, faudrait sortir).

Ellipse. (Je suis scénariste, que voulez-vous…)

À l’Ozone, tout le monde est dans un super mood de joie et de bonheur. Mes gars (je les appelle mes gars, mais c’est des gars, et ils sont pas à moi, ils sont dans la vingtaine… mais bon) commandent des bouteilles; on chante des chansons avec « popping bottles » dans les lyrics. MH, qui avait apporté la bouteille de mousseux, veut qu’on sorte dehors pour la boire dans le parking.

Belle erreur.

J’en voulais pas, de mousseux. Quoiqu’il en soit, c’est ma fête, et c’est mon cadeau, alors je vais en boire quelques gorgées dans le stationnement accompagnée de V. (le même qui m’avait payé le rhum and coke l’année d’avant) et quelques autres. Puis, je rentre à l’intérieur du bar, histoire de continuer la fête. Je laisse derrière moi V. et MH, qui font connaissance pour la première fois et qui ont à peu près le même degré de foutage de marde inné, dans la vie. (Lire: je prépare une recette de cocktail molotov et je le lance derrière moi avant d’entrer au bar).

Plusieurs minutes plus tard, en maman que je suis, je commence à être inquiète pour mes deux BFF. J’appelle MH, mais pas de réponse. Puis, quelques minutes plus tard, c’est à mon tour de recevoir un appel entrant.

C’est MH, elle est prise dehors avec V., car la doorwoman (vous avez bien lu) ne veut pas les laisser entrer. Pas de stress, je vais aller négocier ça Guy Whisperer way. Je me dirige donc vers l’entrée, tout sourire.

Quand j’ai vu la face de la doorwoman, j’ai compris que ça serait pas si simple. C’était comme un mélange de peur, d’abus de pouvoir et de tête de cochon.

Elle ne voulait pas laisser entrer mes amis, car MH avait voulu entrer avec sa bouteille de mousseux. Oui, MH est conne, mais quand même pas dangereuse, que je me dis. MH étant prête à rentrer chez elle de toutes façons (il est environ 2h), je demande à la face de boeuf si elle ne peut pas simplement laisser entrer V. Après tout, il se connaissent zéro et il n’était qu’au mauvais endroit au mauvais moment.

GW: -Il ne se connaissent même pas ces deux-là, crois-tu que le gars pourrait entrer, s’il-te-plaît?
Air Bête: -Non.

GW: S’il-te-plaît…
Air Bête: -Non! Elle a été arrogante avec moi!
GW: Arrogante?

C’est là qu’elle m’a expliqué que MH avait essayé de lui faire croire qu’elle travaillait dans le bar, d’où la raison de la bouteille de mousseux. Dans le doute, elle avait donc appelé le gérant dans une espèce d’oreillette, oreillette dont MH n’est pas encore revenue de rire, tellement c’était absurde.

À ce moment-ci, j’espère que vous vous dites que la doorwoman est pas vite vite, pour penser qu’une fille saoule, les pupilles dilatées et les lèvres tatouées écarlates par le vin, avec une bouteille de mousseux ouverte dans un stationnement de bar, est une employée de la place qu’elle n’aurait jamais vu. En tous cas moi, c’est ce que je me suis dit sur le coup. N’empêche, j’étais quand même déçue du comportement de MH, déçue et fière à la fois.

GW: -Bon… Mais lui, il a rien fait, il est à jeûn, il est geek avec ses petites lunettes. C’est mon meilleur ami, ça me ferait vraiment vraiment plaisir que tu le laisses entrer pour ma fête.
Air Bête: – Eille, qu’est-ce que tu comprends pas dans « je m’en calisse de toi, pis de ta fête, pis de tous tes pseudo-amis! Si j’ai dit qu’ils entraient pas, ils entrent pas! C’est-tu clair???

Hmmm.

Est-ce que c’était clair? Ce qui était clair, c’était que je  n’avais jamais autant retenu mon poing de débarquer dans le visage de quelqu’un. Respire, GW, respire.

Bref, je respire. Je respire fort. Je vois le regard de MH, qui me connaît plus que quiconque, et qui se doute que quelque chose va arriver.  Dans ma tête, il n’y avait qu’une chose: « cette fille va faire de ta fête un autre fiasco, cette fille va faire de ta fête un autre fiasco… ».

Je commence à lui crier dessus, elle me crie dessus en retour. Mais encore là, je me retiens de frapper.

À ce moment précis, il y a un gars qui sort de nulle part. Petit, je me doute qu’il n’a peut-être pas 18 ans. V., adossé sur le mur, est toujours aussi passif (lire: découragé de la scène). Le Mineur, appelons-le ainsi, pousse V. en lui demandant en hurlant c’est quoi son problème.

Timeout. Je change de victime. Je demande au Mineur doucement (pour vrai), c’est quoi son problème à lui. Il me saute dessus, comme pour se battre avec moi.

Ah ben cr***. Oui, cr***, parce que c’était le petit Jésus en personne qui m’envoyait, tel un régisseur de plateau, un cue pour me défouler. Je prends le Mineur et je le lance (littéralement) dans le mur. Évidemment, l’Air Bête me saute dessus à son tour. Elle était bien plus petite que moi, alors je l’envoie faire un petit voyage aérien au mur elle aussi. Je sens MH qui me tire sur la main et m’amène dans le stationnement.

Telle une enfant, elle m’explique que frapper les gens, c’est mal. Même si je lui réponds que c’est eux qui ont commencé, elle ne veut pas m’entendre. Frapper les gens, c’est mal. Blablablahhh.

Bon. Là, on était au point où j’étais barrée du bar parce que je m’étais battue avec la doorwoman (encore aujourd’hui, je souris en disant cette phrase). Il faut que j’appelle mon frère pour lui dire de sortir, après tout, je suis la fêtée, il est 2h30 du matin, et c’est pas vrai qu’on va acheter plus de bouteilles dans ce bar de marde.

Je l’appelle, et je lui dis: « Sors du bar, je me suis fait barrer parce que je me suis battu ».

Dans sa tête de frère-joueur-de-football-avec-nos-10-amis-joueurs-de-football, il a entendu, évidemment: « OMG SORS POUR ME BACKER, JE SUIS EN TRAIN DE ME BAAAAATTRE!! ».

MH et moi, on est dans le stationnement et on attend que les gars sortent, l’air niais.

C’est là que je vois la porte du bar arracher (littéralement). Mon cousin (joueur de basket, celui-là), en sort, d’un pas que je ne qualifierais plus de décidé; c’était un pas possédé. Derrière lui, à la queue-leu-leu, une dizaine de joueurs de football, tous aussi possédés.

Ishhh. Je serre les dents et ferme les yeux, le genre de mimique qu’on fait en écoutant Drôle de vidéo quand c’est un segment de gens qui se font mal et qu’on est au point où un monsieur est dans les airs, prêt à retomber sur un tas de cailloux pointus.

Mon cousin saute au cou du Mineur (je me dis qu’au moins, il a pogné le bon) et le pousse par terre. Les amis du Mineur n’ont pas le temps de réagir; ils ont à peu près tous un footballeur suspendu à leur cou.

Excellent concours de circonstances, le gars qui était venu chercher la gang du Mineur arrive en voiture dans le parking. Ça, j’appelle ça du timing. Terrorisé, il essaie de reculer, mais c’est trop tard. Mon frère cogne dans sa fenêtre et lui fait signe de la baisser avec la tendresse d’un Hulk en colère.

Lorsque le Lift baisse sa fenêtre, il est accueilli par un petit frère comme qui dirait hystérique. Et ça, c’est sans parler de la vue qu’il a, dans son pare-brise: un linebacker debout sur son capot, qui saute à pieds joints. Même s’il avait voulu regarder dans son rétro, il n’y aurait vu qu’un D-Line qui brasse sa voiture et détruit, probablement, sa suspension. Rien de bien anormal, quoi.

Mon frère lui a dit de prendre ses amis et de ne plus jamais revenir, ce qui était assez paradoxal, puisque même s’ils étaient revenus, ils ne m’auraient probablement pas revu, considérant que je n’avais pas l’intention de retourner à l’Ozone-Laurier de sitôt.

Tout ça a peut-être duré 5 minutes, mais cette scène, des 10 gars qui détruisent tout, je l’ai vue au ralenti, avec une chanson d’opéra en background.

Je vous épargne des détails, mais quelques minutes plus tard, alors qu’on avait abouti au Ashton, je reçois un coup de fil de Barney (oui oui! Barney!) qui me dit qu’il est à l’Urgence du CHUL. (Vous pouvez soupirer). Lui, il était resté au bar pendant notre bagarre générale, et à l’intérieur, un gars a voulu s’en prendre à lui (raison encore floue) et lui a fracassé une bouteille sur le crâne.

Dernière scène de la soirée: nous, à l’Urgence, qui attendent que Barney se fasse examiner l’oreille coupée, tous crampés de rire.

Si on m’avait demandé comment finirait ma fête, la veille, j’aurais dit en prison ou à l’hôpital. Et j’aurais visé dans le mille. Je commence à connaître ma malédiction par coeur. Ça va en prendre plus pour me déstabiliser.

Je touche du bois.

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Maudit Facebook à marde: comment s’en sortir Merci

5 commentaires Add your own

  • 1. P. to the L.  |  25 juillet 2009 à 1:28

    T’es une vraie machine !!

    Réponse
  • 2. Nadine  |  25 juillet 2009 à 2:24

    C’est malade.

    Réponse
  • 3. awesomebarney  |  25 juillet 2009 à 6:52

    La vie est ainsi faite 🙂

    Réponse
  • 4. MH  |  19 septembre 2009 à 3:21

    Je voulais pas entrer dans le bar avec la bouteille.

    Non non non.

    J’étais persuadée (paranoïa éthylique) que le jeune garçonnet qui m’indiquait plus ou moins poliment et une bouteille de bière à la main, qu’il était interdit de boire dans le stationnement, se foutait jusqu’à un certain degré de ma gueule. Lorsqu’il m’a dit travailler dans le bar, incrédule, je lui ai (arrogamment, certes) répondu que moi aussi.

    Et voilà.

    Je sais, j’ai encore mis mon pied dans ma bouche.

    Surtout que la doorwoman que tu as plaqué football-style dans le mur est la blonde d’un ami de mon cousin…

    Réponse
  • 5. Steve Requin  |  26 octobre 2010 à 12:26

    Juste une petite suggestion, si je peux me permettre… des personnages nommés T, MH, V, GW, PFK… C’est toujours un peu mélangeant pour le lecteur, surtout à cause que ces initiales ne nous disent même pas le sexe de la personne pour commencer. N’ait pas peur d’utiliser des pseudonymes, ni de briser ce bloc mental qui nous pousse d’instinct à rechercher un pseudo trop semblable au nom d’origine. Tsé, par exemple, au lieu d’appeler « Natacha » une fille nommée Nathalie, Pourquoi ne pas la renommer Suzie, Marie-Antoinette, Yasmina, Tanuki ou LaShaquelleenah? Tk, c’est ce que je fais avec mes textes.

    Réponse

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