Basic Instinct

Vous souvenez-vous de votre tout premier jour à l’école secondaire? Ou avez-vous déjà dû changer d’école pendant votre primaire? Vous souvenez-vous du sentiment exact que vous avez ressenti en vous présentant, le matin, sur les lieux de votre nouvel établissement scolaire; angoissé à l’idée de bien paraître, obsédé à l’idée que vous ne vous ferez pas d’ami?

Ce sentiment désagréable, dans le monde des adultes, existe toujours. Je sais pas pour vous, mais moi, je le vis à chaque première date.

Une première date, c’est souvent pas le fun. C’est souvent le moment où on découvre que le gars devant nous est un tueur en série, ou pire, qu’il porte des Crocs. Imaginez un tueur en série qui porterait des Crocs.

Mais avez-vous déjà vécu une première date tout simplement agréable? Une première date qui, une fois terminée, vous procure une rare assurance que ça a vraiment, vraiment bien été avec la personne? Vous savez, quand il y a des petites étincelles dans l’air et des petits papillons dans les ventres.

Et est-ce que ça vous est déjà arrivé, après tout ça, de ne plus jamais avoir de nouvelles de la personne?

Qu’est-ce qui fait que parfois, notre instinct peut être assez dans le champ pour nous envoyer le signal qu’on vit un court moment miraculeux avec un prospect, pendant que dans la tête de celui-ci, c’est exactement le contraire qui se produit alors qu’il fantasme probablement sur sa prochaine game de hockey au Xbox?

Mon amie, appelons-la Gina, a vécu une de ces premières dates qui se déroule bien. Au terme de sa soirée, elle était aux anges; elle a même confié chaque petit détail de l’événement à son ami Paul, qui s’est empressé de confirmer son enthousiasme. Selon lui, pas de doute: elle venait de vivre la meilleure première date ever.

Par chance, le prospect, appelons-le Gino, l’a rappelée pour une deuxième, puis une troisième date. Si bien que, aujourd’hui, croyez-le ou non, Gino et Gina forment un couple.

Mais récemment, alors que Gina se remémorait les meilleurs moments de leur première date, Gino lui confia que, dans son livre à lui, à ce moment-là, Gina était bien loin de la victoire. En fait, il a bien failli ne jamais la rappeler.

Gina était sous le choc.

En fait, il faut dire que ce soir-là, Gino avait invité Gina à souper… Alors qu’elle avait déjà soupé. Gina se retrouvait devant un choix: soit elle avouait à Gino qu’elle avait déjà mangé, que Gino soupait chez lui et qu’il se retrouvaient plus tard dans la soirée pour se voir, soit elle gardait ce secret pour elle et avait la chance, par le fait-même, de voir Gino plus longtemps. Gina, qui appréciait déjà Gino, décida de maximiser sa soirée en passant le plus de temps possible avec lui et, par le fait-même, en mangeant secrètement deux repas de suite.

Au restaurant, Gina constata bien vite pendant son repas qu’elle n’était simplement plus capable de manger. Deux repas de suite, ça paraît facile, mais ça ne l’est pas du tout. Elle déclara forfait de son plat assez tôt pendant la soirée.

Ce qui semblait un détail anodin pour Gina, était toutefois, pour Gino, un pépin immense. À ses yeux, Gina refusait de manger pour ne pas mal paraître devant lui. Comment pourrait-il fréquenter une fille qui n’est pas à l’aise de manger en quantité normale? Gina, qui avait décidé de se sacrifier en mangeant un deuxième repas par appréciation pour Gino, avait bien failli, par le fait-même, le perdre.

L’histoire de Gino et Gina est véridique, mais heureusement, elle s’est bien terminée. Malgré tout, ce qu’il faut tirer de cette histoire, c’est que tout est une question de perception, et que notre instinct, parfois, peut nous jouer des tours. Ce qu’on pense être le coup de foudre peut parfois se terminer en queue de poisson alors qu’on finit enterrée vivante au Mexique, ou pire, enterrée vivante au Mexique en Crocs.

5 avril 2011 at 10:33 3 commentaires

Faire des moves

Bon, tout d’abord, blablabla, c’est le premier article de 2011, bonne et heureuse année, blablablablaaa.

Ceci étant dit, si vous êtes né dans les 80’s et que vous êtes une fille, il y a des chances que vous vous ayez été en contact avec une série-jeunesse qui s’appelait «Les premières fois». Vous souvenez-vous? Il y avait Bizi, la tomboy avec 152 frères, et Amanda, la blonde nounoune qui habitait avec sa maman et portait toujours du rose. (Okay, peut-être que mon souvenir est flou…)

Il y a un bon moment déjà (j’ai zéro assiduité pour mes articles, je le sais) (pis non, j’ai pas pris la résolution de l’être plus en 2011), je jasais avec Caro des premiers pas. Tsé, quand t’es pas trop sûr que tu dois faire un move; que t’as l’impression que si t’en fais pas, tu vas avoir des remords, et que si t’en fais un, tu vas peut-être le regretter. Comment savoir s’il faut en faire un ou non? J’aimerais ça vous le dire, mais au nombre de fois où je me suis planté, je suis pas certaine que je suis très bien placée pour formuler une théorie là-dessus. Pour citer approximativement Caro: «malheureusement, nos premiers pas sont souvent ceux titubant d’une fille en état d’ébriété». Caro et moi, on l’a l’affaire.

J’ai un ami qui (à chaque fois que je commence une phrase par ça, j’ai l’impression que je sonne comme si je parlais de moi-même) a la phobie des premiers pas; on va l’appeler Paul. Il semble que Paul n’aie pas trop de difficulté à demander à une fille pour sortir, toutefois, c’est après quelques dates que ça se gâte toujours pour lui. De son propre aveu, une fois qu’il commence à voir la fille régulièrement et qu’il se retrouve en situation de «t’es mieux de donner un petit coup avec ta canne sinon tu vas pas perdre le poisson», il choke systématiquement. Paul estime qu’au 21e siècle, ce n’est pas plus au gars qu’à la fille de faire un move.

Ça pourrait être tentant de lancer une réplique du genre: «hé qu’el’ monde devait être ben, dans l’temps que la galanterie existait, han!». Mais est-ce que c’est bien vrai? Est-ce qu’el’monde était vraiment ben?

Au XIIe siècle, les troubadours chantaient des poèmes à leurs prospectes en vantant l’importance du respect des chicks. À l’époque, ils estimaient qu’un chevalier devait, en toutes circonstances, être au service de sa dame.

Hoooon que c’est cuuuuuuute.

Mais el’monde s’en portait-tu mieux? Pô si sûre.

Toujours à la même époque, les conventions de la courtoisie (qu’on appelle aussi amour courtois) étaient bien ancrées au sein du code chevaleresque. Selon Wikipedia, a.k.a. la source la plus crédible du monde, ces conventions impliquent notamment que: «L’homme doit être au service de sa dame, à l’affût de ses désirs et lui rester inébranlable de fidélité. C’est un amour hors mariage, prude sinon chaste et totalement désintéressé, mais non platonique et ancré dans les sens et le corps autant que l’esprit et l’âme. L’amoureux, dévoué à sa dame était, normalement, d’un rang social inférieur, c’est un noble de première génération en passe de conquérir ses titres de chevalerie.»

Êtes-vous en train de vous imaginer Heath Ledger dans Chevalier, vous aussi?

Ça continue: «Le sentiment de l’amant est censé s’amplifier, son désir grandir et rester pourtant en partie inassouvi. Il s’adresse souvent à une femme inaccessible, lointaine ou d’un niveau social différent de celui du chevalier. Elle peut feindre l’indifférence. On nommait ce tourment, à la fois plaisant et douloureux joï (à ne pas confondre avec joie).»

Haha. Ça se gâte, hein? Gars qui cruise une fille, fille qui fait semblant de pas être intéressée, gros chaos, confusion, lecture du livre He’s just not that into you, trip-bouffe de chocolat, abonnement désespéré au gym, etc. On dirait bien que la vie des dudes et des chicks du XIIe siècle était pas si différente de la nôtre.

Un petit Finish him (okay, «finish him», vous pouvez juste la comprendre si vous avez joué à Mortal Kombat): «L’amour courtois prime en effet le mariage : une femme mariée peut ainsi laisser parler son cœur si elle est courtisée selon les règles précises de l’amour courtois.»

Alors, l’infidélité est permise, pour autant qu’elle est bien exécutée. Je sais pas pour vous, mais dans le fond, je me dis qu’on est peut-être pas si mal avec nos fausses petites angoisses de premiers pas.

Finalement, tout ça pour dire que des règles, pour les premiers pas, il n’y en a plus. C’est la loi de la jungle et la seule chose que je peux dire, c’est que quand on risque rien, on a rien. Après tout, la vie est courte. Je vous rappelle d’ailleurs qu’au moment d’écrire ces lignes, il ne vous reste qu’un peu plus de 700 petits jours pour faire un move sur votre prospect.

14 janvier 2011 at 4:49 7 commentaires

Une autre affaire dont on n’avait pas besoin

Ça faisait longtemps qu’il y avait pas eu un vrai mini-article de la catégorie «Une autre affaire dont on n’avait pas besoin».

Well mes amis, voici voilà. L’infidélité serait génétique.

15 décembre 2010 at 12:17 Laisser un commentaire

Ça arrive rien qu’une fois par année

C’est le temps des fêtes, the most wonderful time of the year!

C’est aussi le temps des partys de bureaux qui dégénèrent, du rush de fin de session universitaire mais surtout, SURTOUT, c’est la saison des merveilleuses traditions; comme les soupers de Noël bien arrosés entre amis qui se terminent, chaque année, de la même façon: mon amie Marie-Hélène passe la nuit à dégueuler en pleurant pendant que sa maman la démaquille. (Je te l’avais dit, Marie, que je me vengerais de t’être fait passer pour ma mère dans les commentaires de mon entrevue avec Urbania).

Mais ouiiii, ce sont les vacances de Noël, on va pouvoir se coucher tard et tomber par hasard sur Un Prince à New York la nuit en faisant du zapping. Yay!

Selon bon nombre de vieux crooners has-been et aussi, selon un téléfilm de série B avec Henry Winkler, le temps des fêtes, c’est le most wonderful time of the year. C’est vrai que c’est le fun, mais il y a fort à parier que ni les crooners, ni le réalisateur du téléfilm qui porte le même nom que le personnage de Steve Carrell dans The Office (ok, ça, c’est vraiment drôle) ne se sont fait sacrer là 2 jours avant Noël, comme, apparemment, beaucoup de gens.

En effet, selon une analyse de relationship status Facebook, il semblerait que le moment de l’année le plus populaire pour se faire domper, c’est 2 jours avant Noël.

Yep.

C’est cruel. C’est aussi cheap, parce que c’est clair qu’il y a des gens parmi ces stats-là qui voulaient simplement économiser le prix d’un cadeau pour leur « douce » moitié.

Un autre bon moment pour se débarrasser de quelqu’un pour des raisons évidentes: juste avant le Spring Break.

Dans la catégorie « statistique issue de ce tableau qui me perturbe un brin », notez aussi le fait qu’il y a une petite pointe de popularité de ruptures le jour du Poisson d’Avril. Le Poisson d’Avril… C’est tellement chien de laisser quelqu’un ce jour-là, quasiment plus chien qu’à Noël, je trouve. À moins que tu laisses quelqu’un parce qu’il est VRAIMENT allé trop loin dans les mauvais coups. Ouin.

Il semblerait aussi que beaucoup de ruptures ont lieu les lundis, comme si les lundis c’était pas déjà assez merdique de même.

C’est donc dire que le most wonderful time of the year, c’est aussi, statistiquement, le moment où vous avez le plus de chances de vous faire laisser. Vous sentez-vous insécures? Est-ce que je viens de vous mettre un petit stress sur le dos? Je l’espère. (Oui, je feel Grinch aujourd’hui).

Si ça peut vous rassurer, le jour dans l’année où il y a le moins de gens qui rompent, c’est le jour de Noël. Comme quoi, le 25 décembre, vous pouvez un peu vous sentir en sécurité et prendre votre chum ou votre blonde pour acquis. Profitez-en, parce que ça arrive rien qu’une fois par année.

10 décembre 2010 at 5:08 Laisser un commentaire

Le romantisme: aussi has-been que Kevin Federline?

C’était l’hiver passé. J’avais passé un commentaire anodin, tellement anodin, que je l’ai déjà oublié. Janette Bertrand m’avait répondu: «T’es une grande romantique, Kadidja. Une grande romantique».

Sur le coup, je m’étais dit: «Mon dieu. Janette peut pas avoir tort, mais cette fois, je crois que oui». Je m’étais abstenu de lui répondre: «Écoute, Janette, il y a des jours où je me demande sérieusement si l’amour a été inventé par les multinationales américaines pour vendre plus de bébelles et ce, avant qu’elles se rendent compte qu’elles se cassaient la tête pour rien parce que dans le fond, le sexe, ça vend encore plus de bébelles».

Mais tantôt, j’ai repensé à ça. Est-ce que Janette avait vraiment tort? À l’ère des Jersey Shore et Occupation Double de ce monde, est-ce que c’est encore possible d’être romantique? Est-ce que le romantisme existe encore, ou est-ce qu’on est tellement confus par rapport à toutes les images et les stéréotypes weirds qu’on voit chaque jour qu’on a tué le romantisme au 21e siècle? Est-ce que nos parents et leurs parents se sont posés la même question? Pis d’abord, c’est quoi, exactement, le romantisme? On a tendance à penser que c’est un gars sur un bateau qui nous offre des billets de spectacle dans une huître (ben oui, je parle encore de lui), mais est-ce que c’est vraiment ça?

En peinture, le romantisme, en tant que mouvement artistique, a connu son apogée au 19e siècle. À l’époque, les oeuvres romantiques allaient à l’encontre du néoclassicisme du siècle précédent; le néoclassicisme étant profondément axé sur la recherche de la perfection des lignes, d’une maîtrise exacte de la technique et sur la volonté de se rapprocher le plus possible d’un idéal rationnel de la peinture. Les peintures romantiques, quant à elles, sacrifiaient cette recherche de perfection au profit de la passion; en proposant des oeuvres dont les couleurs étaient chargées d’émotions, en misant sur l’irrationnel et en valorisant l’importance de l’imaginaire. Avoir eu à choisir un camp, à l’époque, j’aurais sans aucun doute été du côté des irrationnels un peu fous.

Néoclassicisme. (Jacques-Louis David, Le sacre de Napoléon)

Romantisme. (Caspar Friedrich, Le voyageur au-dessus de la mer de brume)

Moi.

J’ai eu une prof de littérature, au cégep, qui nous avait dit, après qu’on ait lu Tristan et Iseult, que ce qu’il fallait tirer de l’oeuvre, c’était que pour que la passion survive, il fallait inévitablement qu’il y ait des obstacles à l’amour. À partir du moment où il n’y a plus d’obstacles, selon elle, la passion meurt immédiatement. Peut-être qu’on est rendus désabusés justement parce que dans notre monde où tout est éphémère, on est habitués que tout soit facile et aille très vite, et non pas parce qu’on n’est pas romantiques.

J’entends beaucoup de filles dire qu’elles sont désabusées parce qu’elles ont eu le cerveau lavés par Walt Disney quand elles étaient petites et qu’elles réalisent, aujourd’hui, que ça sert à rien de guetter par la fenêtre depuis 20 ans. Le Prince Charmant cognera pas à leur porte, pis un crapaud, ça sert à rien d’essayer de le transformer, ça restera toujours un crapaud. Même si Cendrillon avait existé, aujourd’hui, elle serait probablement divorcée du prince, elle lui aurait soutiré la moitié de ses avoirs et elle aurait sûrement réussi à se gâter d’une énorme pension pour «les nombreux enfants» qu’elle aurait eu à l’époque où ils pensaient «vivre heureux jusqu’à la fin des temps».

Quand j’étais petite, un de mes films préférés de Disney, c’était La Belle au Bois Dormant. Je vous le dis tout de suite, aujourd’hui, je réalise à quel point c’était un des contes de fées les plus ridicules. Pour faire une histoire courte: il était une fois Aurore, qui s’est fait jeter un sort par une méchante sorcière. Avant ses 16 ans, elle va se piquer sur un rouet et tomber dans un profond sommeil de 100 ans; un sommeil dont elle ne pourra se réveiller que si un prince lui donne un doux baiser.

Bref, c’est l’histoire d’une fille qui perd 100 ans de sa vie à dormir en attendant qu’un prince vienne la sauver. C’est ben moi ça. Je trippais là-dessus. *soupir*

You go, girl!

Mais tsé, Disney, c’est pas ça, le romantisme. Au fond, je pense qu’on est tous des romantiques. On veut tous vivre des passions et même si des fois, on s’arrête pour se dire que la façon dont on se comporte est complètement irrationnelle, souvent, on n’est juste pas capables de s’empêcher. C’est difficile de ne pas valoriser les émotions au profit de la rationalité, c’est un peu le combat éternel de l’être humain.  Pis dans le fond, c’est mon combat aussi. Tsé, j’entretiens un blogue où j’essaie souvent de rationaliser des choses qui sont exclusivement dictées par les émotions. C’est ça, dans le fond, qu’on cherche tous. Essayer de se sécuriser en rationalisant nos actes émotifs. On est comme les peintres du néoclassicisme. L’affaire, c’est que le néoclassicisme a mené, 100 ans plus tard, au romantisme, alors tant qu’à dormir 100 ans pour en arriver là éventuellement, aussi bien l’assumer tout de suite.

Je suis The Guy Whisperer, et je suis une grande romantique.

11 novembre 2010 at 6:17 6 commentaires

Les aventures du dude perdu

Un peu avant l’Halloween, j’avais rendez-vous avec une amie qui avait pas encore confectionné son costume et qui voulait magasiner au Renaissance Fripe-Prix à côté de chez nous. Je dis «j’avais rendez-vous», parce qu’elle est pas allé au bon Renaissance et que finalement, je suis retournée chez nous et elle a magasiné toute seule à l’autre succursale. (Je sais, on fail comme ça, nous autres… Qui se ressemble s’assemble)

Sur le chemin du retour, je lui parlais au téléphone, et il y avait un autre gars (appelons-le le dude perdu) derrière moi qui parlait au téléphone aussi. Un gars d’environ mon âge, tout ce qu’il y a de plus normal, certainement un étudiant. Quand j’ai raccroché le téléphone avec mon amie qui donne des rendez-vous aux mauvais endroits, le dude m’a adressé la parole. Portrait d’une conversation qui témoigne d’un mal de société. (haha)

Dude: Excuse-moi. Connais-tu le coin un peu?
Moi: Euh, ouais.
Dude: Peux-tu me dire c’est où, la rue Chateaubriand?
Moi: Ah. C’est la rue juste après St-Denis. Marche par là pis tu vas finir par la croiser.

J’entreprends de repartir.

Dude: Non non, impossible.
Moi: Euh.
Dude: Ça peut pas être la rue juste après St-Denis.
Moi: Euuuh.
Dude: La dernière fois, je suis sorti du métro, pis la rue était ben moins loin que ça, je suis sûr.
Moi: Je sais pas quoi te dire.
Dude: Dans le fond, tu connais pas le quartier pantoute.
Moi: Ben j’habite ici, là.
Dude: Ouais, mais t’es même pas foutue de savoir où sont les rues dans ton propre quartier.
Moi: Wow.
Dude: Tsé, si tu le savais pas, t’aurais pu me dire que tu le savais pas, au  lieu de m’envoyer dans la mauvaise direction. C’est pas très intelligent de ta part. Je dirais même que c’est stupide.

Là, je reçois un message texte.

Moi: Bon ben c’est ça. Demande à quelqu’un d’autre. Bonne chance!
Dude: Eille wô, attends.

Rendue à ce point, je réponds à mon message texte en marchant. Mais le dude se met à marcher à côté de moi.

Dude: Tu text?
Moi: Ouan.

Vous comprendrez que c’était difficile de l’ignorer, considérant qu’il marchait à côté de moi dans une rue déserte.

Dude: C’est quoi ton numéro?

WTF?

Moi: Tu me niaises-tu?
Dude: Non, est-ce qu’on peut se revoir?

TIMEOUT. Est-il en train de me faire des avances? Oui? Non? Était-il en train de m’envoyer chier il y a 5 secondes?

Moi: Tu devrais marcher par là, ta rue est par là.
Dude: Non mais je peux faire un petit détour avec toi.
Moi: Je pense qui a rien qui me ferait moins plaisir.
Dude: As-tu un chum, coudonc?

Comme si ça pouvait juste être pour ça que j’étais pas intéressée. (Quelques jours plus tard, j’aurais pu répondre «Oui, c’est tout récent, il s’appelle Jason, pis je suis certaine à 100% qu’il est plus fort que toi).

Dude: T’as un chum?
Moi:
Finalement, t’as raison, Chateaubriand, c’est par là. *pointe la direction opposée à la réalité*

Non mais sans joke. Dans quel monde on vit pour qu’un gars parle à une fille comme si elle était une attardée et la cruise après? On est-tu dans Mad Men? Ou si c’est simplement le message texte que j’ai reçu qui lui a démontré ma valeur inestimable?

Note à moi-même: Ne plus essayer d’aider les gens. D’aucune. Manière.

4 novembre 2010 at 1:09 1 commentaire

Halloween, bonbons… Jason Statham

Halloween 2010: it’s a wrap!

Et tout semble s’être déroulé comme à l’habitude. Les parents ont ramassé de la chaire de citrouille partout dans la maison, les enfants ont pleuré parce que les parents les ont obligés à porter leur costume avec leur méga manteau d’hiver en dessous et les psychopathes ont pris plaisir à distribuer leurs pommes pleines de lames de rasoir. Une Halloween bien ordinaire, une année de plus!

En ce qui me concerne; ça a été super. Avec les restants de première neige et mes escaliers qui sont les plus dangereux du monde, j’avais peur des accidents en distribuant les bonbons hier soir. La dernière chose que je voulais, c’était avoir l’hospitalisation d’un petit IronMan sur la conscience. Mais heureusement, tout est allé presque comme sur des roulettes! Une seule personne a déboulé les marches en venant chercher des bonbons; mais c’était un ado, alors c’est correct. Ça lui apprendra à passer l’Halloween à son âge!

J'ai le goût de le mettre dans ma fenêtre, comme dans Home Alone!

À part ça, j’ai peut-être pas gagné mon souper meurtre et mystère, mais je suis quand même repartie du party avec un gros carton grandeur nature de Jason Statham. Après toutes les jokes que j’avais faites sur lui dans la soirée et les photos que j’avais prises avec lui comme s’il était ma date, c’était tout naturel que je reparte avec. Sur le coup, c’était vraiment drôle, mais je dois dire que le lendemain matin, je me suis réveillé assez embêtée à l’idée de lui trouver une place dans mon appart. Veux-veux pas, j’avais un dude de 6 pieds 3 en carton qui traînait dans mon salon. Pis tsé, jamais je pourrais mettre Statham au recyclage.; ça serait comme mourir un peu. Je suis pas mal sûre que mes voisins me jugeraient, aussi.

Mais c’est fou pareil comme, contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’Halloween est une fête où on peut voir la vraie personnalité des gens, même s’ils se mettent un masque. En fait, on est portés à croire que c’est une soirée où on peut se déguiser et entrer dans la peau de quelqu’un d’autre, alors que pourtant, le costume en dit tellement sur la personnalité des gens.

Par exemple, avec les années, j’ai pu constater que les filles déguisées en fées ou en princesses sont souvent des filles insécures alors que celles habillées en monstres dégueus sont souvent à l’aise avec leur corps. Il y a aussi les gars déguisés en démon qui ont souvent peur de l’engagement. (Évidemment, ça reste du cas par cas. Par exemple, je pourrais très bien vous dire qu’une fille déguisée en infirmière cochonne est un paquet de troubles ambulant; mais il resterait toujours la fine possibilité que cette fille soit moi à l’Halloween 2009 qui se pointe acheter son costume chez Jean Coutu le 31 octobre à 21h45 et qui constate qu’il reste un seul accessoire dans tout le magasin: une casquette d’infirmière). L’année passée, dans un bar, il y avait un gars déguisé en tampon. Je sais pas comment analyser ça, mais une chose est sûre: il était vraiment drôle. (et pas mal de filles lui ont parlé…)

Fait saillant du porte-à-porte d’hier: un petit gars à qui on ouvre et qui nous dit, à l’agonie: «NON! Non… Surtout pas de bonbons. Mais est-ce que je pourrais avoir un verre d’eau s.v.p.? J’ai vraiment soif…» Ça a l’air de rien sur le coup, mais la façon dont ça s’est passé, c’était hilarant. Soit il avait VRAIMENT mangé beaucoup de bonbons et il était déshydraté, soit ses parents le nourissent de bonbons à l’année à chaque repas et lui, il fait du porte-à-porte à l’Halloween pour recevoir de l’eau.

Et vous? Comment ça s’est passé votre Halloween? Vous étiez déguisé en quoi, que je vous juge?

1 novembre 2010 at 4:43 4 commentaires

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